14 novembre 2007
68's Ginz
A DG et Ol
GinZ avait ce génie de rembarrer les crétins sans ménagement, surtout quand il était bourré.
Dans cette vidéo mémorable, il envoya dans les cordes, d'un crochet du gauche verbal, un ménestrel prétentieux.
Aristocrate désenchanté, GinZ savait qu'il ne serait jamais un grand artiste, et sut pratiquer sur un mode majeur un art mineur. Que l'on se souvienne de l'Anamour, impossible hymne fait de concisions allitératives très sixties, d'un dandysme classe et désabusé sur l'oblation impossible, que l'on fasse revenir de l'oubli la ballade improbable de Melody Nelson, que l'on prenne en compte la tragédie de l'homme à la tête de chou!
Heautontimoroumenos, baudelairien des années soixante, il mourut trop tôt de la bouteille qui le but...
Il partit en noir et blanc, oxymore de lui-même, et flotte encore dans nos mémoires au milieu des souvenirs épars d'une révolution qui sombra définitivement.
