02 juillet 2009
Hommage à une blanche
La littérature est la fiction de la fiction de la vie.
J’ai commencé de comprendre cela,
il y a bien longtemps, il y a un quart de vie, avec D.
Je ne savais pas qu’elle se prénommait D.
A l’époque, elle ne portait pas le même nom.
C’était donc il y a un quart de vie. Vingt ans.
Vingt ans déjà.
Grâce à elle, J’ai compris, en cette année - là, combien la littérature était le moyen de la liberté.
Je ne dirais pas l’unique moyen du salut. Je dirais l’unique moyen du saut.
De cette période, où tout est flou, ambigu, j’ai gardé trois souvenirs.
L’Ecume des jours, de Vian, que nous avions étudié longuement. Tiens, c’est l’année Vian. Retour, cycle qui se boucle. Vian sur Vian.
Zone, d’Apollinaire, le poète aux deux ailes, et qui influencera tant Paul Celan, au point qu’il se jettera du haut du Pont Mirabeau, comme en hommage déjà posthume.
Et chose la plus importante, sans doute, un repas collégial mâtiné de spaghettis alla vongole, par une de ces après-midi chaudes que réserve l’été vénitien.
Mais au fait, de quoi D. est il le prénom ?
Non, D. n’est pas le prénom de l’homme aux rats.
D., c’est d’abord quelque chose de la maladie douce, cette sorte de nervosité vive, cette voix androgyne qui sied au prénom ambigu.
Bientôt, j’apprendrais que la littérature répondrait à ce nom : une affection diffuse, une excitation qui confine à l’agacement, quelque chose d’aussi douteux que redoutable. « C'est sur le mode imaginaire qu'on rencontre le réel et par la fiction qu'on approche de la vérité qui est un pacte avec l'illusion. » (Louis René des Forêts, courtesy Cé.).
D., c’est aussi le sens de la provocation, une sorte de fantaisie légèrement ludique, une part de l’esprit français. Comme s’il fallait défier en duel le réel.
Et peut-être, à la manière d’un vieux souvenir enfoui, cette année latine et française passée en sa compagnie a - t - elle été déterminante quant à la suite des choses. Un grand merci, en mon nom, en celui d’autres, sans doute.
Croissy, le jeudi 2 juillet 2009
Commentaires
recette
vongole et littérature, bon ménage.
les coques ouvertes.
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