30 août 2009
Coquelicot
Co
Pétale coque de clarté
Coquelicot calice
Eclair d'époque
Rouge
Pintant à Pantin
A CLB
J'ai quitté l'enfer blanc
J'ai pris par la Bastille noire
Et je suis arrivé au paradis rouge.
29 août 2009
Maxime néo - spinoziste (XXXVII)
(Au Sieur Pautrat).
Fo mélanger, mais po confondre.
28 août 2009
Ferré for ever
Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons
Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Les sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu
Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air
Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité
Ce sont des drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l'âme
Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l'Art
Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux
Ils ont des paradis que l'on dit d'artifice
Et l'on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l'on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l'égout
27 août 2009
Bernard(-Henri) sévit (encore)
Jingle: - Radio Sarko craint, Radio Sarko craint, Radio Sarko est ricain...
(Pouffiasse): - Aujourd'hui, pour commenter la mort Ted PueLavy, sénateur et assassin impuni, Marc Olivier Pourriel reçoit Bernard Henri Sévit.
Marc Olivier Pourriel: - Blabla blabla blabla blabla, j'ai une voix de petite pédale sarkozyste.
Bernard-Henri Sévit: - Ted Puelavy avait renoncé à devenir, contrairement à ses frères John et Bob, dictateur fasciste. En tant qu'assassin impuni, il bénéficiait d'une autorité morale incontestable dans l'Empire du Crime. Mais il jouissait de son autorité payante, héritée des grandes familles parvenues et américonnes. Il y a une dynastie d'oligarques gavés qui nous donnent l'illusion de la démocratie aux CruelsSA. Elle est le reflet merdique de la destinée tragique de l'Occident, condamné à périr à raison de son suicide programmé.
Ma soeur, une poétesse
A Marie-Christine
| "A TOAD can die of light! | |
| Death is the common right | |
| Of toads and men,— | |
| Of earl and midge | |
| The privilege. | 5 |
| Why swagger then? | |
| The gnat’s supremacy | |
| Is large as thine." (Emily Dickinson) |
Parfois, ma soeur m'a énervé, parce qu'elle n'était pas sage. Mais maintenant elle est devenue un peu plus raisonnable. Et, ayant parachevé ce que devait être mon style, je me rends compte de la dette que je lui dois.
Quand elle avait quatre ans, et qu'elle était vraiment insupportable, c'est-à-dire vraiment drôle, elle se livrait à d'involontaires inventions verbales de génie. Les deux exemples restés célèbres valent leur pesant de KKouètes.
Le "baril", désignait le nombril. Quel brio! Elle avait compris que la puissance américaine, fondée sur le pétrole, avait pour corolaire l'individualisme contemporain, qui constitue l'euphémisme de la radinerie.
Le "poéisage" désignait la beauté d'un paysage, manifestant la beauté infinie de la Nature Divine.
Depuis, j'essaie d'imiter son style inimitable. Allelujah, allelujah! Si mon chien est Einstein, ma soeur est Emily Dickinson.
26 août 2009
Portrait de Monsieur Bernard-Henri Lévy par Monsieur François Mitterrand
(13 août 1977)
"J’ai connu Bernard-Henri Lévy alors qu’il venait d’entrer à Normale supérieure. Je me flatte d’avoir pressenti en ce jeune homme grave le grand écrivain qu’il sera. Un danger le guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l’y prépare. Je ne m’inquiète pas de ce goût de plaire qui l’habite et l’entraîne aujourd’hui hors de son territoire. Quand il s’apercevra qu’il possède en lui-même ce qu’il cherche il reviendra à sa rencontre. Le voudrait-il qu’il n’échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, ce dandy, de la cendre. Peut-être me trompé-je, peut-être cédera-t-il aux séductions du siècle au-delà du temps qu’il faut leur accorder. J’en serais triste. J’accepte qu’il dépense encore beaucoup d’orgueil avant de l’appeler vanité. J’ai apporté de France avec moi La Barbarie à visage humain que j’annote pour mes chroniques. C’est, à l’image de son auteur, un livre superbe et naïf. Superbe par le verbe, le rythme intérieur, l’amère certitude qu’il n’est qu’incertitude. Naïf par l’objet de sa quête, qui le fuit dès qu’il en approche. A quoi sert-il de conclure sur ce mot d’ordre : « Résister d’où qu’elle vienne à la menace barbare », s’il est vrai que « le Maître est l’autre nom du Monde ». et que « sitôt l’un détrôné un autre reprend l’insigne ». S’abstenir de combattre le pouvoir en place parce que « les princes rouges sont déjà là, qui piaffent aux antichambres », oublier que ce pouvoir, comme tout autre « vient du bas, revient de la périphérie, remonte depuis la lie du monde », qu’il rejette toujours « le jeu de règles, de normes, de tabous, de verrous auquel il s’arrimait » plutôt que de renoncer à rester le pouvoir, qu’à la première alerte il retourne au galop à sa loi naturelle, bref, refuser de voir qu’il porte le fascisme comme le fruit la pourriture, oblitère la démonstration. N’empêche, le mouvement dialectique monte haut. Il atteint son point culminant au chapitre : « Crépuscule des dieux et crépuscule des hommes », long passage où l’auteur expose que « la crise du sacré est première, décisive » et que, privée de transcendance, la société s’épuise, grand arbre exubérant aux racines coupées. Et de balayer, après Freud, l’espace politique encombré des gravats d’un ordre en perdition. Voilà pourquoi je me rassure quand je le vois, coqueluche du Tout-Paris, servir de partenaire aux pitres. Bernard-Henri Lévy, caressé, adulé, propulsé, trituré par les média, adieu sourire de connivence, geste ailé d’une main amie, adieu langage à demi-mot ? Non, au revoir."
Raie publique
Résidente de la Raie Publique
A tous mes potes rats
Nique ta mère suce ma sœur j’ai envie d’écrire un chti pouet.
Tiens, en vla un qui s’radine
Petite petite petite
Viens ici que je tu te fasses em
Brocher comme de la viande
Brocher comme un livre de Gallimard
Brocher comme un livre de BHL de Finkielkraut d’Hitler
Viens ici que tu te fasses dé
Foncer comme une salope
Tester comme la radine de palace
Viens ici que tu te fasses dé
Gueuler dans les toilettes
Pour rester mince
Viens ici que tu te fasses en
Culer comme les pédés que tu fréquentes
Galiano, Lagerfeld
Viens ici que je t’en
Tube du top cinquante
Tube du top modèle
Tube de Normale Sup
Viens ici que je t’en
Tôt Vaine
Thoven
Viens ici que je ten
De ma bite
Androïde
De robot ménagère de moins de cinquante ans
Viens ici que je bite
Eau vaine
Viens ici que je t’enprose
La vache
Elle a foutu le camp (d’extermination)
Maxime néo-spinoziste (XXXVI)
Louis est Clovis.
Darrieussecq, un chef-d'oeuvre inadéquat
Reprenons l'entretien de Marie Darrieusecq au Nouvel Observateur:
"J'avais 13 ans quand notre professeur de français nous a donné à lire «la Princesse de Clèves». Autant dire nous a ordonné de le lire. Je n'y arrivais pas. Les premières pages étaient comme une barrière infranchissable. Dix noms propres par ligne, vingt-cinq mariages, cinquante alliances politiques... J'ai fini par sauter les pages et je suis tombée sur une phrase qui est restée gravée dans ma mémoire: «Il parut alors une beauté à la cour.» [...]"
Traduction:
"J'étais une pauvre petite conne d'adolescente coincée quand notre professeur de français nous a donné à lire la princesse de Clèves. Autant dire qu'il était un gros facho, mais qu'on aimait bien les fachos, et d'ailleurs qu'on continue. Je n'ai pas compris les premières pages. Je ne les ai toujours pas comprises, d'ailleurs. A l'époque, je suis tombée sur une phrase digne d'un mauvais roman à l'eau-de-rose qui a fait tilt dans mon petit cerveau de l'époque qui n'a pas tant changé depuis d'ailleurs: "Il parut alors une beauté à la cour."
"Le propre des grands livres est de nous accompagner à chaque âge de notre vie. A 15 ans, à 25 ans, à 45 ans et 85 ans, on ne lit pas la même «Princesse de Clèves». C'est un roman à suspense, parce que la lecture qu'on en fera est imprévisible. «Je ne me souvenais pas de cela», «je n avais pas compris cela»... Ce livre de 200 pages en a des milliers. ?[...]"
Traduction:
"Ce qu'il ya de bien dans un film, c'est qu'on peut le revoir. Et dans un livre, c'est qu'on peut le relire. C'est comme Tintin, c'est tout public."
"A 13 ans, je ne pouvais pas comprendre que «la Princesse de Clèves» n'est pas seulement un roman d'amour : c'est aussi un grand roman politique, un roman de guerre et de stratégie. Ces quinze premières pages, qui m'avaient donné tant de mal, sont indispensables , parce qu'elles positionnent la petite I princesse comme un pion sur un échiquier. On peut même y lire un roman paranoïaque [...]. La princesse paraît alors comme un numéro dans un milieu clos et invivable, la cour, où l'on est sans cesse observé et surveillé : une sorte d'anticipation de Big Brother ou de cette série TV devenue culte «le Prisonnier». [...] Ce roman anticipe aussi la forme du roman policier: qui est coupable de la mort de Monsieur de Clèves - et faut-il forcément un coupable? On peut encore le lire comme un grand roman oedipien, le roman d'une mère et d'une fille, dont la psychanalyse s emparera trois siècles plus tard. Si la princesse de Clèves est soumise aux puissants, c'est d'abord à sa mère qu'elle rend des comptes. Cette mère qui s'est occupée de la bien marier, et qui l'engage, sur son lit de mort, à ne point «tomber comme les autres femmes». [...]"
"Je n'ai rien compris à ce roman, écrit par une salope facsiste, qui fait l'apologie du fascisme monarchique. Mais je fais croire que je l'ai compris pour vendre mon futur livre et devenir aussi riche que Carla Bruni, car, comme Carla Bruni, je suis de gauche. Je crois que je suis intelligente."
"La princesse de Clèves ne couche pas, donc, ne couchera jamais, avec son bel amant le duc de Nemours. [...] Ce n est pas par féminisme avant heure. Demeurer à soi signifie simplement : être seule. Ne se devoir qu'à soi-même. Opposer à la cour la stratégie du repli. C'est aussi par égoïsme qu'elle se refuse à un remariage. Un égoïsme prodigieux, transcendantal, surhumain, un égoïsme qui rime avec héroïsme : un refus à la Bartleby le personnage de Melville si aboulique qu'il en meurt. La princesse de Clèves préférerait ne pas. On apprend beaucoup aux filles à dire un peu oui, un peu non. La princesse est héroïquement asociale. Son inaction fait d'elle une rebelle mieux que si elle avait hurlé son refus. Si la princesse de Clèves est une héroïne, c'est une héroïne paradoxale : une héroïne du NON. [...]"
Traduction:
"Je suis conne comme la Princesse de Clèves. Je suis dépressive. J'attire ainsi la sympathie."
Il y eut ces derniers temps en France un débat, disons un agacement, face aux propos tenus par le président de la République sur l'inutilité de lire «la Princesse de Clèves». Ces propos furent repris et commentés, précisément par des gens qui savent lire et écrire, et se servir de leur savoir. La princesse devint une ligne de front, et Clèves, une place forte d'où les enseignants, chercheurs, lecteurs et lettrés en tout genre se mirent à faire le guet. Il y eut une lecture marathon devant la Sorbonne début 2009, puis les badges bleus «Je lis «la Princesse de Clèves»», au Salon du Livre de la même année. Ce avec quoi ces lettrés contemporains ne sont pas d'accord (entre autres), c'est de demander à la culture d'être rentable, et à court terme. «La Princesse de Clèves», combien d entrées?
Traduction:
"La gauche caviar croit être intelligente en défendant ce livre d'une nazie. En cela, elle est gauche."
"Quand je dis que mon prochain roman s'appelle «Clèves», on croit que c'est une position politique. Mais c'est un projet à long terme, commencé avant le règne de tel ou tel président. Madame de Lafayette a, la première, modélisé la psychologie amoureuse: depuis que l'école m'a informée de l'existence de ce livre hyper-contemporain, je l'ai lu et relu, et il reste toujours quelque chose à en dire, quelque chose à en écrire.
Dans ma version, qui sera longue et foisonnante, située dans le huis clos d'un village nommé Clèves et d'une planète nommée la Terre, dans cette version, donc, ma princesse, elle couchera. Je ne vous dis que ça.
Traduction:
"Je fais faire un très beau livre car je suis intelligente. Y Fo COUché. La femme moderne est une salope."

