OBSCURE CLARTE

Ou le blog en noir et blanc d'un nègre albinos

02 septembre 2009

Obscure clarté

Sur les ruines de la nuit
tu te lèves
de ton lit sans éclats,
du sommeil sans rêve,
de ton absence en toi.
Tu te lèves dans l'obscurité
et vas vers la fenêtre.
Tu l'ouvres à deux battants
vide encore de toute pensée.
Et en l'ouvrant
que faire
de toute cette clarté infirme qui entre.

José Luis Jover (A esta baraja le faltan corazones)
Traduction Jean Gabriel Cosculluela.

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20 août 2009

ode stalinienne à la splendeur de la pensée (a)normalienne sup(inf)érieure

« Ô grand penseur, Ô chef de file,

Toi qui fais comprendre l’homme

Toi qui fécondes la terre

Toi qui rajeunis les siècles

Toi qui fais fleurir le printemps

Toi qui fait vibrer les cordes musicales

Toi splendeur de mon printemps,

Soleil reflété par des milliers de cœurs. »

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11 août 2009

HCB, Maison de la Photographie

A M.-C. C.

« La photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui m’a ébloui. »

 

Italie, 1933

 

En lieu de tête

Un nœud

Né d’une tension de plis.

Tête de nœud ?

 

Granada, Espagne, 1933

 

L’enfant tête au ciel

Touche le sang plat, noir

Du mur.

 

Madrid, Espagne, 1933

hcb3

Constellation

D’ étoiles grises

Sur le mur blanc

Fenêtres

Rares

Que les hommes en perspective

Ne considèrent pas.

 

«…Ce problème de hiérarchie m’a toujours semblé d’essence purement académique. » (27 novembre 1985)

 

Abruzzes, Italie, 1958

 

Trois têtes de mort

Par destination

Devant l’autel blanc

Mais nu.

Et la Cène

Très floue.

 

 

Chozy-sur-Cizes, 1944

 

Encres des arbres nus

Sur la neige papier.

 

Mexique, 1934 (Tirage réalisé en 2004)

Trois ou quatre jambes

Floues

Presque deux bras

Sur le fouillis

Du lit.

 

Pointe de Penmarch, Bretagne, France, 1956

 

Rhinocéros de voiles sombres

Sur corps plié de vieille femme.

Ou caverne cordelée

D’une vierge ancienne.

 

Nanterre, France, 1968

 

Memento taudis.

 

« Dès qu’une photo est saisie, elle entre dans le passé et c’est ça la vie. »

 

 

Mai 68, boulevard Saint Michel

Au côté de la cohorte

De noirs corbeaux casqués de boucliers

Les arbres arrachés

 

 

Funérailles de victimes de Charonne, Paris, France, 1962

 

Regards perdus

D’un homme

Aux hauts sou(r)ci(l)s.

 

« Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. »

 

Paris, France, 1953

HCB1

D’abord notre vin quotidien

Pour le nègre esseulé au milieu de la rue

Qui n’a pas de pain.

 

 

Alberto Giacometti, rue d’Alésia, 1961

 

hcb4

Tête sensible

Sous imperméable fantôme

 

Tête de la tête invisible

De l’homme sans tête

 

Qui traverse la route

Sur les clous crucifiés.

 

« Une géométrie éveillée par ce qui est offert. » (HCB, 8.2.94.)

 

 

La forteresse Pierre-et-Paul, Leningrad, U.R.S.S., 1973

Tête et corps blanc

Tête et corps nu

(Ou presque)

A l'ombre déportée

Sur le mur de la forteresse

De gra(Lé)ni(ne)t

 

 

"...et c'est l'oeil surpris qui décide..."

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26 juin 2009

Hommage obscur et froncé à Michael Jackson

LE SONNET DU TROU DU CUL
Par Paul VERLAINE  et Arthur RIMBAUD

Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse,
Humide encor d'amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l'autan cruel qui les repousse,
Au travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s'accoupla souvent à sa ventouse,
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée et la flûte câline,
C'est le tube où descend la céleste praline,
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !

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21 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif (IV)

Un livre à lèvres ouvert

Bouc
Bouc qui bèle y - es tu?
Moins
Moins dormir
Plus ou moins rêver
De l'eau pétillante
Sur le livre à lèvres ouvert

Ness pas le monstre
Du calcul?

Laisse
Less

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20 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif (III)

Deux hommes, deux kimonos

Coquelicot fleur de sang

Coquelicot-cou-coupé
Aux deux trous rouges
L'âme de la montagne
Larme de l'immonde arme

Coquelicot fleur de sang

Fleurs de sang qu'effleurent cent
Sales i sales eaux.

Coquelicot fleur de sang

L'homme à oiseaux est sans parole
Le christ mort a deux trous blancs
Tout est autour
Tout est troublant

Coquelicot fleur de sang

Les deux stigmates
Mordent le mol
Emoi vivant
- Comme la vie est vie eau lente -

Coquelicot fleur de sang

Le fils de mort est l'homme obscur
Heaume de main cibles vivantes

Coquelicot fleur d'escient

Demain l'homme de main

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18 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif

Civilisations

cinq portes à:
treize clous d'or
trente-sept clous d'or
sept fois sept clous d'or
soixante-sept clous d'or

membres promis
ombres premières
arbres oxygènes
au fil blanc

petits points petits clous d'or
de l'aborigène blanc
aux vingt mondes
vingt civilisations
du civilisé barbare

la b((v)ar)bar(ie)
G vains mondes

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02 mars 2009

Fake the system

Je ne sais pas si Minghini a bien fait de citer PCC, microsystème de la rencontre, et Meetic, numéro un du marché.

Je sais, en revanche, que son livre est excellent d'un point de vue littéraire.

La littérature n'a rien à voir avec la morale. Beaucoup de PCCistes semblent l'oublier.

La littérature n'a pas pour fonction de délasser le cadre moyen les jours de fin de semaine.

La littérature ne doit pas plaire à tout prix.

La littérature depuis le XIXe siècle, s'assigne pour fin l'expression du malaise au coeur de notre décadence lente.

Il y a, dans toute littérature, l'écoeurement de soi, des autres. Il y a le refus de la médiocrité démocratique.

La littérature prône l'exécration légitime qu'éprouve tout être un peu lucide à l'encontre de la démagogie érigée en norme.

Il est possible qu'il y ait quelque accointance entre Minghini et son narrateur.

Il se peut qu'on sorte de Fake avec la nausée.

C'est que Fake, livre plus subversif qu'il n'y paraît, en dit plus sur notre génération que n'importe quel autre.

C'est que Miinghini est bien plus pertinent que les Houellebecq ou les Millet.

Il nous tend le miroir. Il est vrai que le reflet n'est pas bien reluisant.

Et, comme le dit la maxime, quand le singe montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

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Le goût du sexe

Le sexe est un égoût que l'on ne saurait curer autrement que par la langue. Tel pourrait être la devise du Goût du sexe, recueil de petites perles licencieuses, qui court de l'aube de l'humanité au crépuscule de la modernité, et qui paraît sous la plume du redoutable Philippe Di Folco, aux éditions du Mercure de France.

L'auteur est un filou: la construction du recueil est une antimétaphysique kantienne, c'est-à-dire une ultra-physique folcoïque.

Aux Prolégomènes à toute métaphysique future qui pourra se présenter comme science, Philippe Di Folco semble répondre: "Vive les préliminaires à la physique immédiate!"

Aux trois fameuses questions kantiennes de la métaphysique: "D'où venons - nous? Qui sommes - nous? Où allons - nous?", notre auteur rétorque implicitement: "Du sexe, dans le sexe, vers le sexe."

Ce qui nous incline à penser que seule la littérature, lorsqu'elle est ludique, impertinente, délurée, sait nous consoler de ces matins pas frais où, après une nuit d'orgie, consacrée aux choses de la volupté, nous nous réveillons avec cette tristesse indéfinissable en tête et ce goût âcre en bouche.

Que seul l'esprit, joint à une admirable érudition, fait disparaître l'animal instinct qui nous pousse irrésistiblement à nous reproduire, au prix, certes, d'un tour de passe-passe assez pervers: remplacer la descendance selon le corps par la filiation selon les livres.

Dès lors, on recommandera chaudement la lecture de ce poème tiré de l'Epopée de Gilgamesh, texte akkadien d'il y a quarante-cinq siècles environ, où Enkidu, chasseur barbare, "cet être humain sauvage", envoyé de Gilgamesh, prend sa volupté où il le peut, et en subit les conséquences.

On aura plaisir à contempler les frasques supposées de Marie-Antoinette, Messaline phantasmée.

Sous la plume de Bataille, cette expression délicate: "J'ai le coeur en boucherie", réjouira ceux que la viande ne répugne pas.

Mais le point d'orgue réside dans un texte de Jacques Abeille, tiré de Belle humeur en la demeure, et cette définition euphémistique, ou plutôt litotesque de Nina Bouraoui: "Centre de la silhouette, épicentre du plaisir".

Quant au reste, libre au lecteur d'y jeter un coup d'oeil.

Parce que le sexe est un trou noir au milieu de la vie grise.



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17 février 2009

Pour Gaza.

L'oeil public.

Ces photos ont été rejetées par toutes les rédactions.

C'est pourquoi il faut les regarder ici.

Ne plus détourner le regard...

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