OBSCURE CLARTE

Humeurs D'un petit laboratoire de littérature en effervescence

26 juin 2009

Hommage obscur et froncé à Michael Jackson

LE SONNET DU TROU DU CUL
Par Paul VERLAINE  et Arthur RIMBAUD

Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse,
Humide encor d'amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l'autan cruel qui les repousse,
Au travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s'accoupla souvent à sa ventouse,
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée et la flûte câline,
C'est le tube où descend la céleste praline,
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !

Posté par AUGDER à 14:03 - Emotions d'art - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif (IV)

Un livre à lèvres ouvert

Bouc
Bouc qui bèle y - es tu?
Moins
Moins dormir
Plus ou moins rêver
De l'eau pétillante
Sur le livre à lèvres ouvert

Ness pas le monstre
Du calcul?

Laisse
Less

Posté par AUGDER à 23:28 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif (III)

Deux hommes, deux kimonos

Coquelicot fleur de sang

Coquelicot-cou-coupé
Aux deux trous rouges
L'âme de la montagne
Larme de l'immonde arme

Coquelicot fleur de sang

Fleurs de sang qu'effleurent cent
Sales i sales eaux.

Coquelicot fleur de sang

L'homme à oiseaux est sans parole
Le christ mort a deux trous blancs
Tout est autour
Tout est troublant

Coquelicot fleur de sang

Les deux stigmates
Mordent le mol
Emoi vivant
- Comme la vie est vie eau lente -

Coquelicot fleur de sang

Le fils de mort est l'homme obscur
Heaume de main cibles vivantes

Coquelicot fleur d'escient

Demain l'homme de main

Posté par AUGDER à 23:27 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2009

Claude Colomer - exposition au CHB de Villejuif

Civilisations

cinq portes à:
treize clous d'or
trente-sept clous d'or
sept fois sept clous d'or
soixante-sept clous d'or

membres promis
ombres premières
arbres oxygènes
au fil blanc

petits points petits clous d'or
de l'aborigène blanc
aux vingt mondes
vingt civilisations
du civilisé barbare

la b((v)ar)bar(ie)
G vains mondes

Posté par AUGDER à 23:08 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2009

Fake the system

Je ne sais pas si Minghini a bien fait de citer PCC, microsystème de la rencontre, et Meetic, numéro un du marché.

Je sais, en revanche, que son livre est excellent d'un point de vue littéraire.

La littérature n'a rien à voir avec la morale. Beaucoup de PCCistes semblent l'oublier.

La littérature n'a pas pour fonction de délasser le cadre moyen les jours de fin de semaine.

La littérature ne doit pas plaire à tout prix.

La littérature depuis le XIXe siècle, s'assigne pour fin l'expression du malaise au coeur de notre décadence lente.

Il y a, dans toute littérature, l'écoeurement de soi, des autres. Il y a le refus de la médiocrité démocratique.

La littérature prône l'exécration légitime qu'éprouve tout être un peu lucide à l'encontre de la démagogie érigée en norme.

Il est possible qu'il y ait quelque accointance entre Minghini et son narrateur.

Il se peut qu'on sorte de Fake avec la nausée.

C'est que Fake, livre plus subversif qu'il n'y paraît, en dit plus sur notre génération que n'importe quel autre.

C'est que Miinghini est bien plus pertinent que les Houellebecq ou les Millet.

Il nous tend le miroir. Il est vrai que le reflet n'est pas bien reluisant.

Et, comme le dit la maxime, quand le singe montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

Posté par AUGDER à 23:35 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le goût du sexe

Le sexe est un égoût que l'on ne saurait curer autrement que par la langue. Tel pourrait être la devise du Goût du sexe, recueil de petites perles licencieuses, qui court de l'aube de l'humanité au crépuscule de la modernité, et qui paraît sous la plume du redoutable Philippe Di Folco, aux éditions du Mercure de France.

L'auteur est un filou: la construction du recueil est une antimétaphysique kantienne, c'est-à-dire une ultra-physique folcoïque.

Aux Prolégomènes à toute métaphysique future qui pourra se présenter comme science, Philippe Di Folco semble répondre: "Vive les préliminaires à la physique immédiate!"

Aux trois fameuses questions kantiennes de la métaphysique: "D'où venons - nous? Qui sommes - nous? Où allons - nous?", notre auteur rétorque implicitement: "Du sexe, dans le sexe, vers le sexe."

Ce qui nous incline à penser que seule la littérature, lorsqu'elle est ludique, impertinente, délurée, sait nous consoler de ces matins pas frais où, après une nuit d'orgie, consacrée aux choses de la volupté, nous nous réveillons avec cette tristesse indéfinissable en tête et ce goût âcre en bouche.

Que seul l'esprit, joint à une admirable érudition, fait disparaître l'animal instinct qui nous pousse irrésistiblement à nous reproduire, au prix, certes, d'un tour de passe-passe assez pervers: remplacer la descendance selon le corps par la filiation selon les livres.

Dès lors, on recommandera chaudement la lecture de ce poème tiré de l'Epopée de Gilgamesh, texte akkadien d'il y a quarante-cinq siècles environ, où Enkidu, chasseur barbare, "cet être humain sauvage", envoyé de Gilgamesh, prend sa volupté où il le peut, et en subit les conséquences.

On aura plaisir à contempler les frasques supposées de Marie-Antoinette, Messaline phantasmée.

Sous la plume de Bataille, cette expression délicate: "J'ai le coeur en boucherie", réjouira ceux que la viande ne répugne pas.

Mais le point d'orgue réside dans un texte de Jacques Abeille, tiré de Belle humeur en la demeure, et cette définition euphémistique, ou plutôt litotesque de Nina Bouraoui: "Centre de la silhouette, épicentre du plaisir".

Quant au reste, libre au lecteur d'y jeter un coup d'oeil.

Parce que le sexe est un trou noir au milieu de la vie grise.



Posté par AUGDER à 17:31 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 février 2009

Pour Gaza.

L'oeil public.

Ces photos ont été rejetées par toutes les rédactions.

C'est pourquoi il faut les regarder ici.

Ne plus détourner le regard...

Posté par AUGDER à 23:57 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2009

La recherche cherche des noises à NS

monstreOn se marre... Georges Molinié, gauchiste président de l'ultra gauchiste Paris IV, traîne le mépris autosatisfait de NS dans la boue.

La droite lacère la droite: un grand moment de jouissance... Comme à la grande époque où les maoïstes étripaient avec conscience les stal...

Posté par AUGDER à 23:15 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2009

La cadavre exquise de Yeats

' O cruel Death, give three things back,'
Sang a bone upon the shore;
`A child found all a child can lack,
Whether of pleasure or of rest,
Upon the abundance of my breast':
A bone wave-whitened and dried in the wind.

`Three dear things that women know,'
Sang a bone upon the shore;
`A man if I but held him so
When my body was alive
Found all the pleasure that life gave':
A bone wave-whitened and dried in the wind.

`The third thing that I think of yet,'
Sang a bone upon the shore,
`Is that morning when I met
Face to face my rightful man
And did after stretch and yawn':
A bone wave-whitened and dried in the wind.

(Yeats)


Traduction, en l'honneur de E.

‘O, mort cruelle, rends – moi trois choses ’

Chanta, posé au rivage, l’os ;

‘Qu’un enfant trouvât tout ce qui

Peut manquer à un enfant,

Ou bien de plaisir ou bien de repos

Là, en ma poitrine abondant’ :

Un os que la vague a blanchi

Et que le vent a défraîchi.

 

‘Trois choses que les femmes connaissent,’

Chanta posé au rivage, l’os ;

‘Qu’un homme, si, ainsi, je l’euss’ tenu,

Quand mon corps vivait éperdu,

Trouvât tous les plaisirs, échos

Que la vie, ici bas, nous laisse’ :

Un os que la vague a blanchi

Et que le vent a défraîchi.

 

‘La troisième chose qui me lie’

Chanta, posé au rivage, l’os ;

‘Est ce matin où je trouvai,

Visage à visage, le vrai

Epoux auprès duquel baîller,

Or, auprès duquel reposer’ :

Un os qu’a blanchi l’eau

Et que le vent a défraîchi.

Posté par AUGDER à 14:47 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2009

BOITES QUI DEBOITENT

Nous vivons dans le ventre d'un chien

Et le bras du christ corps face au porc

Celé nous emportait près d'un

Lampadaire petit.

Nous vivons dans le ventre d'un chien

Et la barbe de l'écrivain mort

Celée nous emballait aux liens

Du petit infini.

Nous vivons dans le ventre d'un chien,

Que fantômes pâles du dehors

Celé nous emballaient. Riens, riens,

Poupons Puppini.



(A El, en remerciement des petites trémulations!)

Posté par AUGDER à 12:38 - Emotions d'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »