OBSCURE CLARTE

Ou le blog en noir et blanc d'un nègre albinos

05 avril 2009

Pouvoir en noir et blanc

Moi: - Tu vois, c'est là le paradoxe du pouvoir. Pourquoi aliénerais - je ma puissance au profit de la collectivité, qu'elle se nomme état, souverain, bien public? Le patron de la petite entreprise répugne à ce qu'une masse d'impôts s'abatte sur lui, et, en dernier lieu, l'impôt sur le revenu. Il considère cette somme de prélèvements comme autant de vols successifs qui le privent de sa liberté. L'impôt, c'est d'abord le vol du temps qu'il a volé lui-même à ses employés.

Elle: - Je ne comprends pas!

Moi: - Le temps, c'est de l'argent. L'argent, c'est du temps cristallisé. Il y a, dans le monde, un million de millionnaires en euros, soit un million de personnes qui a volé cinquante ans de la vie d'un ouvrier français.

Elle: - Comment obtiens - tu ce résultat?

Moi: - Le calcul est simple. Va chercher ta calculette.

Elle (s'empressant, avec grâce): - La voilà.

Moi: - Disons qu'une heure de salarié au plus bas degré de l'échelle sociale coûte douze euros, que multiplient quarante heures par semaine, que multiplient cinquante deux semaines. Divise un million d'euros par cette somme ainsi obtenue.

Elle: - J'obtiens un peu plus de quarante-huit.

Moi: - J'y étais presque. Quarante-huit ans... Et encore, ce sont des salariés aux normes européennes... Si tu considères un Indien à un euro de l'heure, le résultat est de cinq cent soixante-seize ans. Est-il possible qu'un homme vaille cela? Je ne le pense pas. L'égalité du droit est perpétuellement volée par l'inégalité du marché, ce que droit nomme, au moyen d'un obscène euphémisme, le "Droit", avec un grand d. C'est ce qu'écrit La Boétie, le plus grand penseur de l'égalité et de la liberté. Pourquoi l'Homme est - il naturellement libre et égal, quand partout règnent l'inégalité et l'asservissement?

Elle: - J'avoue...

Moi: - Et pourtant, j'ai besoin de l'ordre, fût-il injuste, car lui seul me sauve.

Elle: - Et pourquoi?

Moi: - Parce que sinon, je suis mort. Le désordre m'a tuer.

Elle: - Explique, Em...

Moi: - C'est simple. D'abord, au début de ma vie, je suis faible. A la fin de ma vie, je m'affaiblis. J'ai donc besoin d'être protégé par plus fort que moi. Or, si celui qui use de sa force l'utilise, il anéantira ses enfants par peur qu'ils le supplantent un jour.

Elle: - C'est Chronos métrique, ton histoire...

Moi: - Ouais, une histoire de temps. Il viendra un moment où ayant tué, je serai tué.

Elle: - J'ai donc besoin d'un ordre où les plus jeunes et les plus vieux, faibles ou affaiblis, seront protégés.

Moi: - Il faut donc penser, non pas l'inégalité de nature, mais l'égalité de nature. Par surcroît, il faut considérer que c'est la coopération égalitaire qui a garanti notre supériorité sur les autres races terrestres. Isolé, il n'est pas en mon pouvoir de tuer un ours; ensemble, tout est possible.

Elle: - J'entends bien.



10 février 2009

Antigone se révolte

Antigone se révolte. C'était couru d'avance.

Hier, elle me balance du haut de son mètre quatre-vingt trois:

- Là, faut que tu m'aides en allemand, Emilien.

-Ah ouais? Tiens, tiens, ça faisait longtemps.

- Hier, j'ai massacré cette tassepé  (1) de prof d'allemand.

- Qu'est - ce qui s'est passé avec la tassepé (1)?

- Bein, elle voulait me faire passer tout de suite à l'oral, alors que les autres avaient deux jours pour le préparer. Alors j'ai dit non.

- Tu as refusé, comme ça? Tu sais à ma génération, on y allait en ayant un peu peur, même dans ces conditions déplorables. Et puis, tu pouvais arguer l'entraînement impromptu à l'oral du bac.

- Tu me connais, moi, j'y vais direct. Non, je lui dis, et à la fin du cours, je lui balance carré: "Faudrait mettre votre cerveau sur on". Derrière, les mecs faisaient des mimiques de désapprobation; je me retourne, et je leur balance: "le prochain qui s'y met, je lui éclate la tête", ça les a calmés.

- Putain, et la prof, elle a obtempéré?

- Hein?

- Elle a pas mouffeté?

- Non, j'ai eu tout ce que je voulais. Je passe jeudi prochain. Mais là, faut que j'assure.

- Bon. Et en philo?

- Le prof ma insulté en disant que je serai toujours nulle.

- Décidément, c'est un vrai Socrate celui-là. Je crains qu'il ne soit un heideggerien de droite. Si tu veux le faire chier, dis - lui qu'il est un Calliclès. Là, il morflera chanmé (2).


____________
(1) gourgandine
(2) il sera très offusqué.

18 décembre 2008

L'or vrai et le faux or

Antigone se plaint. Elle n'aime pas son prof de philo. Elle n'a pas tort. C'est un Heideggerien. Derrière chaque thuriféraire de Heidegger se cache un apôtre de la guerre et de la mort. Sauf, à quelques exceptions, de gauche. Et encore.

Je tente de la raisonner. J'avance, sous de mauvais prétextes, qu'il faut bien gagner sa vie, que le bac est à la fin de l'année, qu'il ne faut pas dire à ses supérieurs tout le mal qu'on pense d'eux sous peine de représailles désagréables et nuisibles. Rien n'y fait. Antigone est une dure. Une vraie: je l'ai vu rabrouer son père comme je n'aurais pas osé rabrouer le mien à son âge. Piercing gigantesque au menton. Diamant à l'aile gauche du nez. Une dure.

Il n'est pas facile de convaincre ses élèves de la beauté de la philosophie.

Pourtant, c'est beau, la philo.

Premier argument, en général couronné de succès: "la philo, tu vois, c'est un truc de ouf".

L'élève (incrédule):- Ah ouais?

Moi (content du petit effet): - Ouais. C'est le refus max de la réalité. La réalité c'est de la merde. Tout est faux. Dieu est un pervers polymorphe dont je suis l'une des formes.

L'élève (dubitatif):- Ah ouais? Pourtant, la réalité, c'est cool, nan? Je veux dire: mes potes sont sympa, j'aime fumer du shiet, un petit coup de vodka orange dans la tronche, c'est bien.

Moi (goguenard):- Tu es victime du préjugé de la liberté. Cette liberté assimilable, chez toi, à de l'intempérance, a tout de l'esclavage.

L'élève (excédé):- Bah si en plus faut faire des efforts, on n'est pas sorti de l'auberge.

Moi (lucide): - Là, je vois dans tes yeux, à l'expression revêche de tes traits, que tu crois que je suis un sale con et que décidément, tes parents te font chier à payer un con de mon genre à te faire perdre ton temps, au lieu que tu pourrais tchatter en paix sur le Net. Et tu as raison, au fond. Une fois qu'on s'est bien compliqué la vie, il faut se la simplifier. Mais précisément, tu n'es pas libre au moment où tu me hais. Ce n'est pas toi qui es haineux, c'est la Haine qui est toi.

L'élève (indifférent): - Rien à faire.

Moi (désespéré): ...

L'argument de la folie ne marche pas toujours. Hier, avec Antigone, je lui fais le coup de la folie chez Spinoza. Un fou de la raison, le Baruch, et qui cache bien son jeu.

Son texte sur l'or faux et le vrai or; tout ça quoi:

«La première signification donc de Vrai et de Faux semble avoir tiré son origine des récits; et l'on dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé; faux, quand le fait raconté nétait arrivé nulle part. Plus tard les philosophes ont employé le mot pour désigner l'accord ou le non-accord d'une idée avec son objet; ainsi, l'on appelle Idée Vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même; Fausse celle qui montre une chose autrement qu'elle n'est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature de l'esprit. Et de là on en est venu à désigner de même par métaphore des choses inertes; ainsi qiand nous disons de l'or vrai ou de l'or faux, comme si l'or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui-même, ce qi est ou n'est pas en lui.»

Je lui explique la stratégie de Baruch, réifier l'esprit, spitirualiser les choses. Mon baratin habituel. Et à ce moment, je me rends compte que j'ai mon rond de serviette dans la poche. Je l'avais oublié. Tiens, je vais le sortir de ma poche, comme un lapin de son chapeau:

- Tu sais, c'est ça la philo. C'est un mec qui peut sortir un rond de serviette de sa poche, proposer que c'est un vrai rond de serviette en vrai argent, et se demander si cette proposition est vraie ou fausse.

Antigone: - Et c'est du vrai argent?

Moi: - Je sais pas. Et c'est ça qui est le plus drôle. La vérité, c'est que la seule question de la philosophie qui vaille, c'est celle de la vérité. Et que les philosophes sont incapables de se mettre d'accord sur la plupart des vérités. Sauf celle-ci: qu'un cercle est un cercle. Qu'un triangle est une figure plane, formée par trois points et par les trois segments qui les relient.

Antigone: - Tout ça pour ça? Vaut mieux faire des maths alors.

Moi: - C'est ce que prétendait ce salaud de Platon.

Antigone: - Alors, on dit pas Espinosa? Merde, j'l'ai cité comme ça dans ma copie.

Moi: - Non, en général, on écrit Spinoza. Mais ton correcteur un peu cultivé devrait savoir que Spinoza lui-même n'était pas fixé sur son nom, ce qui en dit long sur sa propension au masque.

24 septembre 2008

Antigone

Moi : - Alors tu vois, le dubito de Descartes, c’est extraordinaire, non ?

Antigone Sumbolein (riant aux larmes) :...........

Moi : - Pourquoi tu ris ?

Antigone Sumbolein : - Parce que je pense aux dubitchu du père Noël est une ordure. Tu vois, je vois un mec en train de rouler sous ses aisselles les concepts, comme de petites crottes de chocolat immondes et rabougries, et nous les tendre, à travers les siècles, dans une boîte à notions, afin que nous les mangions avec répugnance

Moi : - Dégueulasse, c’est pas du tout ça la philo.

Antigone Sumbolein : - Ouais, mais c’est comme ça que je la vois.

Moi : - Effectivement, c’est une question de voir. Spinoza tente de voir, par exemple que toute singularité est partie de l’infini, et s’inscrit dans l’éternité. Pour lui, geste révolutionnaire au XVIIe siècle : considérer que dieu est la substance, l’infinité de la nature. Le Deus sive natura deviendra le cri de ralliement de tous les athées du XVIIIe siècle.

Antigone Sumbolein : - Cela me fait trop penser à Pocahontas. Tu sais, la chanson où les arbres chantent que Dieu c’est la nature.

Moi : - La classe, ta réf, Antigone. Toute l'horreur rose de l'empire américain...

Antigone Sumbolein : - Ouaip. Quand Antigone est contente, elle toujours faire comme ça.

14 septembre 2008

Le génie (encore et toujours)

Depuis un an, je n'avais plus de nouvelle du génie. Je conservais un peu la nostalgie de cette époque, du contact avec son esprit supérieur, cette manière de s'exprimer, d'articuler toute syllabe, de rechercher en tout temps une impossible perfection - me souvenant à cet instant,  de la période de des FORETS qu'avait relevée [C] dans Ainsi qu'il en va d'un cahier de brouillon plein de ratures et d'ajouts... (Ostinato, fragments inédits), (William Blake & Co.): "Toutes voiles déployées, où qu'il aille, la passion d'explorer, l'appétit de découvrir avec l'espoir d'une nouvelle naissance, mais si lente à venir qu'il ne sera bientôt plus temps qu'elle se produise, le comble du paradoxe étant que cette quête sans répit de l'introuvable, passé l'âge des illusions, n'a de sens qu'en raison de son absurdité" -, de se heurter, aussi, à cette impossibilité, au point de s'agacer jusqu'au silence, jusqu'à la déraison du silence...

Il me contacta un an plus tard, comme par hasard, au bonheur d'un déménagement, me révélant ses progrès en français, son goût naissant pour la philosophie.

Et il me posa la question de savoir ce que moi, Pangloss, je devenais.

Je lui répondis que j'étais toujours aussi toute langue, et que, comme mon devancier fictif, j'allais d'échec en échec, d'erreur en erreur, conservant mon optimisme, ayant toujours à l'esprit que le succès consistait à aller de déroute en déroute avec constance, que tout pourrait être pire dans le plus affreux des mondes possibles.

14 février 2008

Phèdre et le paquet de chips

PHEDRE (acte II, scène 5)
Ah ! cruel, tu m'as trop entendue.
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang,
Ces Dieux qui se sont fait une gloire; cruelle
De séduire le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé.
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je viens de te faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr.
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi-même.
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour.
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
Voilà mon coeur. C'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête-moi ton épée.
Donne.

J'essaie depuis six mois d'obtenir de Georges un peu de naturel,
un peu d'élan, un peu d'énergie.
Je me sens coincé avec lui, coincé par une culpabilité qui vient
de loin: la peur de la
faute, cette vieille catin judéo-chrétienne, absolument pas
christique.
Et là, le miracle.
J'évoquais avec lui l'effet d'abîme en jeu dans cette tirade
de Phèdre:
- Observe la construction: l'aveu de Phèdre, son impuissance
passionnée, son appel à la mort.
Il y a là toute la pièce contenue, concentrée... L'effet d'abyme
dont je t'ai déjà parlé. Le peintre qui
peint le tableau, le romancier qui écrit son roman...
- Je me souviens plus trop bien. Ah, si, l'effet d'abyme. Le coup du
paquet de chips.
- ?:!§.:/?.;???????
- Oué, le paquet de chips. Tu sais, le paquet de chips sur
lequel est dessiné un type qui tient un paquet
de chips sur lequel est dessiné un type qui tient
un paquet de chips...
- Et tu penses que Phèdre aimerait les chips?
- Ouais. Il lui faudrait un petit apéro, histoire de décompresser...

27 janvier 2008

Celan celé

Elisa:- Alors, j'ai fait comme tu m'as dit.

Moi:- Ah oué?

Elisa :- J’ai dit que je lisais Celan en édition bilingue dans le texte.

Moi :- Et qu’est-ce qu’il a dit, ton prof d’allemand ? 

Elisa :- Il a dit qu’il ne connaissait pas.

Moi :- Je m’attendais à tout, sauf à ça. 

Elisa :- Au même cours, il a reçu une claque d’une élève.

Moi :- Le pauvre… 

Elisa :- Faut dire, il l’avait traité de menteuse une première fois, alors qu’elle justifiait son absence à l’un de ses cours par le décès de sa grand-mère.

Moi :- Et ? 

Elisa :- Deux mois plus tard, le grand-père décède, la même remise en cause… La fille a pas supporté. Elle, trente centimètres de plus que lui, le geste, l’élan de la main, le claquement qui cingle… Lui, interdit, répétant, comme en un hoquet de singe : « Ho, ho, ho »

Moi :- Terrible… 

30 septembre 2007

Célimène est une salope.

(LUI, toujours le skater

MOI, toujours l’auteur méconnu et fauché)

MOI : - Alors tu ne comprends pas ce terme du Misanthrope, que Célimène est une « coquette » ?

LUI : - Nan.

MOI : - On dirait, aujourd’hui : « Céline est une salope ».

LUI  (Rire) : - Oh yeah, man… Give me five

MOI : - Tu sais, il y aurait un truc qui me ferait plaisir.

LUI : - Allez, tu l’as bien mérité, man

MOI : - La prochaine fois qu’une fille refuse tes avances, tu lui dis, droit dans les yeux : « Tu es une coquette ».

LUI : - Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhh Yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh Problème, elles sont toutes folles de moi.

MOI : - Ca farte pour toi, mec. Problème des nerds comme moi ; nous, on rame comme des bêêêêêêêêêtes…….

28 août 2007

Invitation au voyage...

…. « Aimer à loisir, aimer à mourir ».

Elle (blonde, charmeuse) :- Ah oué, ils partent en vacances pour baiser. 

Moi (Amer à mourir, m’efforçant de garder mon calme en serrant les fesses et en pensant à Spinoza) : - Mais non, aimer à loisir signifie aimer autant qu’il est loisible, c’est-à-dire sans contrainte, autant qu’il est permis.

Elle (vulgaire) : - Ooué, mais ils baisent, non ?

Moi (désespéré) : - Enfin, ce qui compte, c’est tout de même l’écart entre la volupté implicite de Baudelaire et l’élégance du style, non ? La littérature, c’est l’écart, le détour, l’évitement, presque…

Elle (définitive): - Oué, ils baisent quoi.

Je me tais, un instant de raison, en la regardant droit dans les yeux, lui souriant avec toute l'ironie dont je suis capable.

22 juin 2007

Perpétuelle fatigue

Un jeune élève, pas bête, mais sujet aux fautes d'orthographes, me confiait son observation du monde des professeurs: il me disait qu'ils semblaient perpétuellement fatigués. Le matin, ils sont mal réveillés. A midi, ils ont faim. A deux heures, ils digèrent. Seule période propice pour lui: entre trois et quatre heures. L'heure de leur libération est proche, c'est le moment de leur parler...

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