15 février 2009
Le contraste
Tournoi des VI Nations 2009 - 2e journée
Quel oxymore... D'un côté, deux équipes timides, frustrées, frustrantes - la France et l'Ecosse, de l'autre, une équipe au rouge flamboyant!
Car, face à la France, les Ecossais, quoique peu convaincants - mêlée minime, conquête défaillante, ont presque résisté à une équipe tricolore moribonde, et dont le seul mérite aura été de marquer un essai à la faveur d'une monumentale erreur d'arbitrage (pensez, un passage à vide et un en-avant omis coup sur coup!).
Un match heurté, sans gloire, sans génie, une série de balbutiements, de rodomontades illusoires, et qui s'achève sur un essai partout. Que si la France a gagné, c'est sur son renom, le préjugé d'arbitres défaillants, le souvenir d'une gloire passée.
Car, face à l'Angleterre, le Pays de Galles fut superbe et généreux. Une véritable furie rouge, qui fonçait dans le tas, fulminant de vivacité et de maestria. L'Angleterre aura marqué, certes, deux essais, contre un seul aux Gallois. Mais le sens du jeu, l'impeccable sens vital, l'inspiration conatique, étaient du côté des dragons rouges.
On attend impatience la défaite française face aux Gallois: elle sera immense, méritée. Et le Grand chelem de cette équipe impeccable.
08 février 2009
Le triomphe du pays de Galles.
En cette première journée de tournoi des six nations, réjouissons - nous.
La France a perdu, ce qui confirme l'adage selon lequel la France de Sarkozy est celle du malheur.
Si l'Angleterre a massacré l'Italie, elle ne convainc guère.
Reste le triomphe gallois, qui augure d'un grand chelem.
11 février 2008
Tournoi des 6 nations 2008 (III)
Deuxième journée
France - Irlande 26/21...
La composition de l'équipe de France a été sérieusement revue à l'avant. Le retour de Szarzewski, Mas, se ferait-il sentir? La présence de Rougerie à l'aile, surpuissant chevalier blond, en imposerait-elle au XV de trèfle?
Voilà les questions posées à l'orée de cette nouvelle et mystique confrontation!
Eh bien les réponses furent là, puissamment orchestrées: la faiblesse du pack français sans Szazewski. Le talent de Clerc, mais surtout d'Heymans, impeccable quinze. L'infériorité de Bonnaire au regard de Vermeulen. Mais tout cela n'est rien, si l'on ne considère pas le nouvel esprit de cette équipe:"Il est plutôt réjouissant de voir dans la continuité de leur production précédente les meilleures équipes françaises développer un jeu ambitieux et bien léché. Témoignage que ce jeu là peut être aussi un jeu gagnant. Manière et résultats peuvent se conjuguer, le deuxième facteur devenant la conséquence du premier et non le contraire." (Pierre Villepreux, ancien joueur et entraîneur de l'équipe de France). En s'imposant par quatre essais à deux, la France frappe dans le mille et affiche mathématiquement ses prétentions: le grand chelem, avec la manière.
Et les autres?
Car ses deux adversaires directs, désormais, Galles et Angleterre, déçoivent. L'Angleterre, en battant de fort peu l'Italie, elle-même défaite par les Irlandais par un écart à peu près similaire, Irlandais que la France a vaincus samedi. De sorte que par transitivité de la relation, et dans la mesure où la France jouera les Anglais sur son terrain, la victoire du coq sera logique.
Galles, de son côté, a éprouvé les pires difficultés sur son terrain face aux Ecossais (30-15), au contraire des tricolores qui avaient la défaveur que constitue le déplacement en terre écossaise
Il est donc permis d'afficher tous les espoirs. Mes voeux accompagnent cette équipe conforme à l'esprit spinoziste, communautaire et rationnel.
03 février 2008
Tournoi des 6 nations 2008 (II)
Première journée
Irlande - Italie 16/11
Qu'on se le dise: l'Irlande n'est toujours pas remise de sa piètre performance lors de la coupe du monde. Dominés à l'avant, mauvais à la touche, les Irlandais, malgré une ligne arrière correcte, n'ont guère impressionné. Un essai partout: tout s'est joué sur la botte, défaillante, des Italiens, toujours à la recherche d'une charnière satisfaisante. On notera la très belle performance des frères Bergamasco, excellents, malgré un mauvais geste de Mauro. Le nouveau neuf Irlandais n'a pas la belle complémentarité de Stringer avec O'Gara, mais ses qualités individuelles compensent ce manque d'expérience. Que dire? Que les Irlandais, à l'instar des Français, devraient oser utiliser les jeunes énergies qui émergent.
Angleterre - Pays de Galle 19/26
Un match d'anthologie. L'Angleterre visage de Janus: le premier souriant, arrogant, triomphateur, celui des premières mi-temps à la hauteur de son statut (immérité?) de vice-champion du monde. Le second, en deuxième mi-temps, déconfit. Voilà vingt ans qu'on attendait la victoire des dragons rouges gallois en terre anglaise. C'est chose faite. On se souviendra des deux essais mystiques de la seconde mi-temps. La clarté sublime du fighting spirit gallois, rugueux, âpre, inspiré. Malgré l'essai de Flood en première mi-temps, malgré l'arrivée d'un trois quart aile d 'origine tongienne impressionnant, malgré une première ligne performante, les Anglais ont été, disons-le, brutalisés, cassés, compressés en seconde mi-temps par un rugby gallois qui combina la rugosité et l'élégance. J'ai toujours chéri cette équipe celte, rouge, passionnée. Je me souviendrai longtemps de l'arrière gallois, Byrne, impeccable tout du long, cette minute trente, entre la soixante-huitième et la soixante-dixième, où les Gallois marquèrent deux essais, contre toute attente, après avoir renvoyé cinq ou six joueurs Anglais sur blessure aux vestiaires. De la belle ouvrage, de la démolition doublée d'une finesse et d'une rapidité incroyables...
Décidément, depuis le dernier match de coupe du monde, où le Pays de Galle perdit face à une Ile du Pacifique, les Dragons rouges nous offrent les plus belles émotions de ce sport...
Ecosse - France 6/27
Trois essais à zéro. Très loin de la performance de 2007, mieux qu'en 2006. L'esprit du rugby français est revenu: cette joie, cette nonchalance brillante, ce relâchement en deuxième mi - temps... Et c'est tant mieux. Pourtant, des zones d'ombre susbistent: face à une équipe comme l'Angleterre ou le pays de Galles, beaucoup plus puissantes, notamment dans les rucks, que fera le coq privé de ballons? A voir, donc.
On retiendra cet essai d'opportunité de Malezieu, ailier plein de brio, la doublette toulousaine efficiente que constituent Clerc et Heymans, et la singulière déficience du trio d'avants en première et au début de la seconde mi - temps, impardonnable à haut niveau. Szarzewski a été excellent, bien meilleur que Servat. Il doit être titulaire, malgré la confiance un peu crâne du sélectionneur, Lièvremont dans rugbyrama (La mêlée a souffert en première période, étiez-vous inquiet ?M. L. : Non, je n'étais pas inquiet. Même si la mêlée a souffert, elle n'a jamais vraiment pris l'eau. On perd un ballon en mêlée mais aussi en touche. Les dysfonctionements en conquête sont normaux car nous avons eu peu de temps pour travailler. Les remplaçants ont aussi joué un rôle essentiel. Je suis satisfait de nos performances en conquête car nous n'avons fait qu'une séance de mêlée et trois fois 20 minutes de touche cette semaine...)
On ne cessera de le répéter: de même, dans la vie, tout part de la tête, de même, au rugby, tout part de l'avant.
(Bon, en même temps, il n'y avait pas Laporte le suffisant dans les tribunes, donc, rien que pour ça...)
27 janvier 2008
Le feu, les faits, le souvenir de 1920...
Pro D2 - Racing/ Toulon: 15-21
I - LES FAITS
"Le choc a tenu ses promesses. Le Racing-Métro et Toulon ont joué un match de très haut niveau dimanche à Colombes, offrant un spectacle digne du Top 14 aux spectateurs venus en masse. Si les deux équipes ont eu du mal à se départager, à cause de leurs défenses très efficaces notamment, elles ont envoyé beaucoup de jeu. Et les 24 internationaux présents sur la pelouse parisienne ont répondu présents, à l'image du deuxième ligne champion du monde Victor Matfield. Excellent une nouvelle fois, le champion du monde a fait deux passes décisives, avec un passage de bras hallucinant à la 78e sur le deuxième essai varois.
"Acculés dans leur camp durant la majeure partie de la première mi-temps, les Toulonnais n'utilisaient pas assez le jeu au pied et se mettaient à la faute. Ce qui permettait à l'ouvreur local Greg Goosen d'ouvrir le score à la 18e malgré le déficit de son alignement en touche, malmené par un Matfield toujours aussi efficace en contre. C'est alors que débutait le duel des deux buteurs. 9-6 à la mi-temps pour le Racing. Logique, tant le match était serré, les deux défenses jouant souvent à la limite du hors-jeu.
"Deux essais à zéro
"En deuxième période, les Toulonnais se servaient plus de leur jeu au pied et occupaient mieux le camp parisien mais à l'heure de jeu, le Racing-Métro menait toujours, 12-9. C'est alors qu'Auradou se rendait coupable d'une énorme faute d'anti-jeu à 5 mètres de sa ligne et écopait d'un carton jaune (64e). A 14 contre 15, les Racingmen ne tenaient pas longtemps et encaissaient un essai de l'ailier Luger après quatre minutes de pilonnages à 5 mètres. Les Varois, après le carton de Sourice (71e) pour la même faute qu'Auradou, n'étaient plus en supériorité numérique mais continuaient de priver leurs adversaires de munitions avec leur moisson en touche (huit ballons volés sur lancer parisien).
"La cinquième pénalité de Goosen à la 76e ne donnait qu'un espoir éphémère aux locaux puisque Luger s'offrait un doublé (78e) après le superbe geste technique de Matfield. Les tentatives désespérées des Parisiens qui jouaient le tout pour le tout dans les dernières actions de la rencontre ne changeait rien. L'ovni toulonnais a (encore) montré qu'il survolait le Pro D2."
II- LES IMPRESSIONS
Un gamin. Tu es avec le Palois. Tu frappes fort dans tes mains. Tu soutiens les deux équipes, et même, Toulouse, et même le Stade Français. Bref, tu soutiens le rugby. Tu déplores que les supporters toulonnais sifflent le buteur parisien. Ou quand Regan est violenté par un joueur du Racing.
Un gamin. Lorsque les Toulonnais marquent, tu te lèves, avec ta pancarte du Racing, bleu-blanc, marquée de l'insigne "essai", célébrant la victoire de l'adversaire prétendu et qui n'existe pas. Le rugby, ou la métaphore de la fraternité.
Un gamin. Tu te fais photographier par le Palois, avec une écharpe du RCT, rouge-noir, muguet blanc, en l'honneur de la rouque.
Un gamin. Tu remues le petit drapeau dans le ciel noir.
Un gamin. Tu reviendras avec le Palois, soutenir la Section, chantant "Diou biban", au printemps.
Tu regardes les reliques du stade de Colombes, qui vit les jeux olympiques de 1920, et tu te souviens des Chariots de feu, d'Eric Lidell, d'Abrahams...
Et du poème de Blake:
- Bring me my bow of burning gold!
- Bring me my arrows of desire!
- Bring me my spear! O clouds, unfold!
- Bring me my chariot of fire!
25 janvier 2008
Le nouveau XV de France
"Avants : Julien Brugnaut (Dax), Lionel Faure (Sale), Jean-Baptiste Poux (Stade toulousain), William Servat (Stade toulousain), Dimitri Szarzewski (Stade français), Loïc Jacquet (Clermont), Lionel Nallet (Castres, cap), Arnaud Méla (Albi), Julien Bonnaire (Clermont), Thierry Dusautoir (Stade toulousain), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Elvis Vermeulen (Clermont)
Arrières : Jean-Baptiste Elissalde (Toulouse), Morgan Parra (Bourgoin), David Skrela (Stade français), François Trinh-Duc (Montpellier), Florian Fritz (Stade toulousain), Damien Traille (Biarritz), Vincent Clerc (Stade toulousain), Cedric Heymans (Stade toulousain), Julien Malzieu (Clermont), Aurélien Rougerie (Clermont)"
Une équipe plus colorée, plus audacieuse, où les jeunes côtoient les valeurs sûres, où Chabal disparaît au profit de Vermeulen...
L'équipe de France nouvelle manière est intéressante, vibrante, intransigeante. Il n'en reste pas moins qu'elle s'articule autour de Toulouse, aussi bien à l'avant (trois joueurs sur douze), qu'à l'arrière (quatre sur dix). Le bon choix, donc.
14 janvier 2008
Tournoi des 6 nations 2008 (I)
La fin de l'ère Laporte
Le premier choix de Lièvremont, homme de retenue et de sagesse, nouveau sélectionneur de l'Equipe de France pour ce Tournoi, prend le contrepied de Laporte. C'est un choix anti-people, sans paillettes. Il récompense un homme sérieux, un capitaine exemplaire dans une équipe modeste du Top 14, Castres qui a donné, jadis, Sadourny à l'équipe de France.
Lièvremont et consorts, c'est la rupture contre la rupture. On revient aux valeurs fondamentales, à l'Esprit du rugby: la discrétion, le sens du sacrifice, le tact du collectif.
Car l'Equipe de France, dans cette Coupe du Monde terne, manquait singulièrement d'âme, et qui a vu la protestation d'hommes de bien engagés dans une aventure douteuse, gâtée par la récupération et la polémique inutiles. Gageons que cette décision est le prélude à d'autres, aussi judicieuses; moins de paroles, plus de réalité.
17 novembre 2007
Rugby et littérature....
Ou la compo de l'équipe de France immortelle...
"Rabelais:gargantuesque en 1
Bourdieu:une teigne
Dumas:un roc
Char :”l’éclair me dure”
Tati :son saut façon hélicoptère
Raimu: charges monumentales
Serres: la science
Montaigne:grand marqueur d’essais
La Fontaine ichot français
Voltaire :un vrai 10 d’ouverture
Rousseau: car il a un bon contrat
Molière: la vivacité
Depardieu: perforateur
Rimbaud :il s’échappe facilement
Coluche : Il en a toujours une bonne (relance).
Remplaçants:
Maupassant:Il met hors de là les défenseurs.
La Boétie :C’est lui.
Nougaro:remplace Bourdieu
Racine:un pilier dur au mal.
Apollinaire:remplace Rimbaud quand il est parti….."
ca se passe comme ça, sur Nice rugby
03 novembre 2007
Championnats de France 2007-2008 (II)
Deuxième journée
A David G.
Toulouse - Stade Français 28/9
C'eût pu être un match extraordinaire: ce fut un match moyen, à la mesure de la tiédeur parisienne. Du côté de Toulouse, trois essais furent marqués, à la faveur, soit d'un coup de pied sorti du diable vauvert, soit d'une passe vertigineuse. Je n'ai jamais vu Poitrenaud aussi altier dans un match: pas une faute, chistera de surcroît, toujours en quête d'accélération et de mouvement. Un peu de déception ce soir plane sur la ville. Toulouse, grâce au point de bonification offensif, s'empare de la tête du championnat et marque durablement les esprits. Nul ne s'en plaindra, en vue de la Coupe d'Europe.
Quant au reste, j'ai pu noter la résistance d'Albi et de Montauban, qui consolident leur récente entrée dans l'élite, et la difficile victoire du B.O., dont les hésitations inquiètent dans ce championnat relevé.
En ligue 2, Toulon caracole. Tout sera difficile pour Pau. On ira voir, avec l'ami palois, l'affrontement avec le Racing, prévu pour début janvier. Tout un programme.
28 octobre 2007
Championnats de France 2007-2008 (I bis)
Stade Français - Clermont 23/17
Le Stade Français s'impose déjà comme grand favori, avec Toulouse, de cette saison. Son recrutement exceptionnel (Hernandez, Skrela, Beauxis, rien que pour les arrières), la divine surprise que constitue Julien Saubade, trois quarts aile passé par Dax et Biarritz, qui marque un essai plein d'intelligence, laisse entrevoir le meilleur. Clermont sera son dauphin, avec Toulouse: l'effectif clermontois peut encore monter en puissance, à l'instar de Baby, que l'on espère en équipe de France sous peu à la faveur du renouvellement de l'équipe et des entraîneurs. Un match superbe, et qui aurait pu tourner en faveur de Clermont bien revenu sur la fin. (Trois essais à un).
Toulon - Béziers 41/7
Le RCT s'impose comme l'équipe ultra - favorite de la pro D2. Son recrutement incroyable, la vigueur de son jeu, la capacité à marquer de nombreux essais (quatre contre un). Il sera l'équipe à battre. On a hâte d'être là le 13 janvier 2008, pour voir l'ultime affrontement face au Racing, dont les débuts déçoivent.
