09 septembre 2009
Qu'est - ce que la gauche?
A M.-C. C. et D.G.
Etre de gauche
Totalement
Intégralement
Complètement
Mais il ne faut pas être communiste
Au sens de Staline ou de Lénine
Mais socialiste, vraiment,
Comme Proudhon
Comme Jaurès
Ces saints socialistes
De l'intelligence
Car l'un est mort pour la paix
Et l'autre a vécu pour la démocratie
Comme mon ami David
Mon étoile de David
Comme Saint Georges Orwell
Le patron des meilleurs écrivains
Qui est mort du poumon
Comme est mort du poumon
Saint Spinoza
Le patron des meilleurs philosophes
Avec Socrate et Jésus pas Christ
07 septembre 2009
Un suicidé de plus
A France Télécom. Merci Sarko(Na)zi.
04 septembre 2009
Le fascisme tranquille de France Telecom
Lu dans "L"humanité":
Malades du travail chez France Télécom
Dans l’entreprise, on se dit « tristes mais pas étonnés » par le suicide de 21 salariés ces derniers mois. Chez France Télécom, le « management par la terreur » tue. Témoignages de salariés pressurés.
Pas de noms, des prénoms modifiés donc et bien sûr pas de photos. C’est à cette condition que nos interlocuteurs, à l’exception de Guy Antoine, délégué CGT de l’établissement principal France Télécom du Sud-Est, ont accepté de s’exprimer dans nos colonnes à propos du suicide récent d’un salarié de Marseille, accusant dans une lettre son « travail » pour expliquer son geste. Monique, conseillère clients chez Orange Mobile, justifie ainsi cette autocensure : « Je me suis mise en avant une fois, à la suite de quoi j’ai été placée seule dans un bureau à ne rien faire pendant six mois. J’ai exercé huit fonctions différentes en vingt-cinq ans et j’ai déménagé quatorze fois, je ne supporterais pas une quinzième. »
Qu’ils soient rattachés aux directions territoriales de Lyon, Marseille ou Nice, tous ces agents évoquent, dans le récit qu’ils font de leur vécu quotidien, un « management par la terreur » qui pourrait expliquer, en bonne partie, la vague de suicides, le dernier drame étant intervenu le 11 août dernier. À Besançon (Doubs), un technicien d’intervention a mis fin à ses jours. Il avait vingt-huit ans.
Pour illustrer ce qui est dans bien des têtes, l’un d’entre eux raconte l’anecdote suivante : « Il y a un mois j’ai fait une pause-café avec un collègue sur une terrasse au quatrième étage de la boîte. Il regardait vers la rue. Je lui dis en plaisantant : "tu vas pas sauter quand même"… Il me répond d’abord "jamais de la vie", et puis, quelques secondes plus tard, sérieux : "Et pourquoi pas ?". » Un témoignage parmi d’autres, nombreux, terriblement accusateurs. Le syndicaliste Guy Antoine, employé chez Orange, le constate tous les jours : « Le mal-être est profond à France Télécom parce que le travail y est devenu malade. » Le capital, lui, se porte bien : en 2008, 4 milliards d’euros de bénéfices ont été engrangés et 1,4 euro de dividende par action ont été versés.
Serge, conseiller client au 10 14 (téléphone fixe) et au 39 00 (Internet)
« La dictature de la PVV »
« Je suis stressé dès que j’arrive au boulot car très souvent mon ordinateur ne marche pas, ce qui est quand même un comble à FT. Je dois répondre à 6,3 appels à l’heure en moyenne pour être dans le taux de productivité demandé. C’est-à-dire que j’ai huit minutes pour convaincre le client d’acheter quelque chose, c’est contrôlé par ordinateur. Le salaire de base est merdique, alors tout dépend de la part variable, en jargon interne, la PVV, la prime variable de vente. C’est calculé en fonction de ce que tu as vendu. Un mois je suis en dessous des 6,3 appels, on me retire 20 % de mes ventes, ce qui se répercute ensuite sur ma PVV. Un autre mois, si je me défonce je peux doubler mon salaire. On nous demande sans arrêt d’être plus agressifs alors je sacrifie mes pauses, en principe dix minutes toutes les deux heures. Sur la centaine de « casques » de mon plateau (centre d’appels - NDLR), 70 % ont du mal à tenir la cadence et se croient en situation d’échec. C’est dur à vivre. » Michel, cadre, Orange Mobile
« Jamais tranquille »
« Nous sommes dans l’impossibilité d’amender et même de commenter les ordres reçus qui sont des objectifs de vente souvent inatteignables. Mais ce qui crée beaucoup d’angoisse parmi les cadres, c’est le manque de perspective : nous ne savons pas quoi répondre à nos équipes sur l’avenir de l’entreprise. Il y a aussi une individualisation de plus en plus poussée des carrières par le biais des primes ou de la mobilité. On ne vous laisse jamais tranquille, c’est même lorsque tout va bien qu’il faut se méfier car à tout moment on peut alors vous changer de service, voire de métier. »
Étienne, dépanneur ADSL au 39 00 (Internet) « Sous pression pour faire du fric »
« On me pousse à partir vers une administration pour me remplacer par un jeune qui sera embauché avec un contrat de droit privé. Je fais partie de la dernière espèce des fonctionnaires travaillant dans une société cotée en Bourse. On ne peut pas me licencier économiquement mais on me met la pression pour faire du fric et me pousser à la faute. J’ai dix-sept minutes par client pour comprendre son problème et surtout lui placer des prestations payantes. Mon temps de présence au travail est contrôlé par ordinateur, à la seconde près. Les gens craquent. Dans mon service il y a eu l’an dernier plus de 1 500 jours d’arrêts maladie. J’ai vu des collègues venir au boulot en pleurant. »
Gérard, technicien intervention clients
« La boîte s’est déshumanisée »
« Chacun fait partie d’une équipe de dépanneurs gérée par un manager qui établit chaque semaine un classement entre nous à partir d’un PIC, un plan individuel de comparaison. À la fin d’un trimestre on te convoque pour examiner ton classement. Si tu es le dernier de la classe, tu le prends très mal quand on te conseille de changer de métier ! Tu te sens en situation d’échec et c’est dur. Depuis qu’on est plus service public, l’esprit du dépannage a été tué. Nous, on aime s’acharner sur une panne, la réparer quitte à y passer la journée. Maintenant on a une heure par client, déplacement compris, et il faut suivre à la lettre un script (questionnaire type - NDLR). Après il faut facturer (de 99 euros à 149 euros par intervention) parfois à des gens modestes pour un simple branchement de prise. Quand on est fonctionnaire, ce n’est pas évident. Avant, dans les briefings, on discutait de problèmes techniques. Maintenant c’est : "L’équipe a facturé telle somme, toi t’as fait combien ?" La boîte s’est déshumanisée. »
Monique, conseillère clients, Orange Mobile
« Management par la terreur »
« J’ai six minutes pour traiter une demande et placer de la vente (un téléphone neuf, une option de fidélisation) puis une minute et demi pour remplir la fiche client. Mes objectifs sont fixés chaque mois. Par exemple : vendre sept téléphones par jour et retenir X clients. Même sous la douche chez moi j’y pense. Pour toucher la PVV il faut réaliser 60 % de l’objectif. Comme j’ai gardé l’esprit service public, je prends quarante minutes s’il le faut pour traiter mon appel nickel. Mais tout est conditionné par la PVV et c’est le management par la terreur. Il y a parfois des punitions collectives si les objectifs ne sont pas atteints. On est sans arrêt à cliquer avec la souris : rien que pour donner au client une info sur la météo du réseau (les zones où « ça passe » - NDLR), il faut ouvrir trente pages. Beaucoup d’entre nous souffrent de tendinites à l’épaule. Le pire, c’est d’être en permanence sous tension : nous sommes mis sur écoute, au hasard, par quelqu’un que nous ne voyons pas. Il y a aussi des « appels mystères » de faux clients. Sur mon plateau il y a déjà eu des interventions des pompiers et beaucoup de congés pour dépression. »
Christian, conseiller technique dans une boutique France Télécom
« SMS de victoire »
« Nous sommes parfois à la limite de la vente forcée. On vend aux gens des options dont ils n’ont pas toujours l’utilité. Tous les matins, le manager dit une « messe ». Des objectifs sont fixés : un jour, il faut faire du téléphone, un jour c’est du Borloo [1], un jour c’est du foot… Dès qu’une vente est faite, le manager envoie un SMS de victoire. Il y a aussi souvent des SMS d’engueulade, le harcèlement est permanent. Une fois par semaine, un cadre assiste à l’entretien avec le client et note tout. Beaucoup vivent cela très mal. La fin du mois est souvent angoissante : si je n’ai fait que 10 ventes de tel produit alors que je devais en faire 13, adieu la PVV ? Je réalise des heures supplémentaires que je ne me fais pas payer. J’ai toujours en mémoire l’histoire d’une cadre qui bossait douze heures par jour pour atteindre les objectifs. Un jour en rentrant à la maison elle a manqué un virage par inattention et s’est tuée, elle n’avait pas quarante ans. »
Philippe Jérôme
02 septembre 2009
La propriété des uns est le vol des autres
DES EX-BANQUERS BALANCENT LEURS PETITS CAMARADES
Par quel miracle les
bénéfices des établissements financiers flambent - ils en pleine crise ?
La réponse est simple : grâce aux aides publiques et aux spéculations sur
les marchés favorisées par les taux des banques centrales proches de zéro
Il y a plus joyeux, pour un
jour d’été, que la lecture des communiqués financiers des grandes banques. Mais
c’est un exercice instructif, en ces temps de crise et de montée du chômage.
Ainsi la principale banque
française, BNP PARIBAS, souligne-t-elle la qualité des résultats de son pôle
Corporate and Investment Banking, qui opère sur les marchés : « Cette
très bonne performance du pôle CIB illustre sa remarquable capacité
d’adaptation au nouvel environnement de marché. » (…) (La direction de la
Société Générale a écrit) dans ses documents de communication financière :
« La poursuite de la baisse des taux d’intérêt ainsi que la normalisation
et la tendance haussière des marchés d’actions permettent à la Banque de
Financement et d’Investissement de réaliser une performance opérationnelle
record. »
La célèbre banque américaine
Goldman Sachs - dont les seules opérations sur les marchés des matières
premières, des devises et des taux lui ont rapporté 13,35 milliards de dollars
contre 5,57 milliards l’an dernier - a su se montrer moins jargonneuse :
« L’activité s’est déroulée dans un environnement marqué par une solide
activité, des opportunités de marchés favorables, une hausse des prix
sensible. »
Le meilleur des mondes pour
qu’un banquier d’affaires se goinfrent.
Heureusement qu’il reste des banquiers en semi-retraite pour expliquer le pourquoi et le comment de ces miracles financiers. Charles-Henri Filippi, presque inconnu en France a pourtant été pendant plus de quinze ans l’un des principaux dirigeants de feu le CCF à Paris, puis à Londres de la principale banque européenne, la HSBC. Ce spécialiste des marchés financiers, aujourd’hui pratiquement retiré des affaires, connaît mieux que quiconque les mœurs de la City, de ses traders et des dirigeants des grands établissements des deux côtés de l’Atlantique. C’est dire s’il sait de quoi il parle et, quand il écrit sans langue de bois, comme dans le JDD, ses f$mots font d’autant plus mal que son diagnostic est sans appel : « Les aides de l’état profitent aux marchés financiers. »
L’ancien énarque et inspecteur des finances entame ainsi sa démonstration : « Au second trimestre 2008, pour gagner de l’argent, les rares établissements les plus habiles ont joué les marchés à la baisse. Cela a contribué à approfondir la crise. Ensuite, au premier semestre 2009, les banques (…) ont bénéficié de taux d’intérêt très bas et ont pu replacer leurs ressources à des taux d’intérêt plus élevés. » Premier constat de Filippi : « L’écart entre ces taux représente des gains extrêmement importants. Cela a été rendu possible par la politique de baisse du loyer de l’argent des banques centrales. Les bonus des traders viennent essentiellement de là. » Des bonus dont le record du monde a été battu par un trader de Citigroup, Andrew Hall, qui doit toucher 98 millions de dollars, alors que l’administration fédérale a dû injecter 45 milliards de dollars pour sauver son employeur de la faillite.
Tout bénéf
Comment un mécanisme aussi pervers a - t - il pu se mettre en place ? « On a voulu sauver la banque pour sauver l’économie, note Filippi, mais les aides des pouvoirs publics ont été attribuées sans distinction entre les activités de financement ordinaires et les activité de marché, les plus lucratives à court terme… que les établissements financiers ont immédiatement relancées. Ce sont donc les activités purement financières qui ont le plus profité, in fine, de la politique de soutien public. » Et voilà pourquoi les bénéfices des banques sur les marchés et les bonus de leurs traders qui en dépendant flambent aujourd’hui.
Les états et les banques centrales piégés par des établissements financiers soucieux de se refaire n’y peuvent rien, faute de disposer d’armes politiques ou techniques. Ancien vice-président de la bourse de New-York, Georges Ugeux peut, lui aussi, s’offrir le luxe de parler clair. A la question : « Que peuvent vraiment faire les gouvernements contre les bonus, parfois faramineux, versés aux traders ? », il répond : « Rien ! » (Le Parisien, 24/8). Avant d’argumenter : « En vérité (les gouvernements) font de la com’ mais sont impuissants. Partout, ils ont essayé de contraindre les banques ayant reçu des aides publiques. Au Royaume-Uni, le gouvernement fait même mine de légiférer, mais je n’y crois pas trop, car ça mettrait le feu à la city. » Une city où, en moins d’un an, plus de 100 000 emplois ont été perdus.
(…)
Jérôme Cabard, Le Canard Enchaîné, 26 août 2009
26 août 2009
Darrieussecq, un chef-d'oeuvre inadéquat
Reprenons l'entretien de Marie Darrieusecq au Nouvel Observateur:
"J'avais 13 ans quand notre professeur de français nous a donné à lire «la Princesse de Clèves». Autant dire nous a ordonné de le lire. Je n'y arrivais pas. Les premières pages étaient comme une barrière infranchissable. Dix noms propres par ligne, vingt-cinq mariages, cinquante alliances politiques... J'ai fini par sauter les pages et je suis tombée sur une phrase qui est restée gravée dans ma mémoire: «Il parut alors une beauté à la cour.» [...]"
Traduction:
"J'étais une pauvre petite conne d'adolescente coincée quand notre professeur de français nous a donné à lire la princesse de Clèves. Autant dire qu'il était un gros facho, mais qu'on aimait bien les fachos, et d'ailleurs qu'on continue. Je n'ai pas compris les premières pages. Je ne les ai toujours pas comprises, d'ailleurs. A l'époque, je suis tombée sur une phrase digne d'un mauvais roman à l'eau-de-rose qui a fait tilt dans mon petit cerveau de l'époque qui n'a pas tant changé depuis d'ailleurs: "Il parut alors une beauté à la cour."
"Le propre des grands livres est de nous accompagner à chaque âge de notre vie. A 15 ans, à 25 ans, à 45 ans et 85 ans, on ne lit pas la même «Princesse de Clèves». C'est un roman à suspense, parce que la lecture qu'on en fera est imprévisible. «Je ne me souvenais pas de cela», «je n avais pas compris cela»... Ce livre de 200 pages en a des milliers. ?[...]"
Traduction:
"Ce qu'il ya de bien dans un film, c'est qu'on peut le revoir. Et dans un livre, c'est qu'on peut le relire. C'est comme Tintin, c'est tout public."
"A 13 ans, je ne pouvais pas comprendre que «la Princesse de Clèves» n'est pas seulement un roman d'amour : c'est aussi un grand roman politique, un roman de guerre et de stratégie. Ces quinze premières pages, qui m'avaient donné tant de mal, sont indispensables , parce qu'elles positionnent la petite I princesse comme un pion sur un échiquier. On peut même y lire un roman paranoïaque [...]. La princesse paraît alors comme un numéro dans un milieu clos et invivable, la cour, où l'on est sans cesse observé et surveillé : une sorte d'anticipation de Big Brother ou de cette série TV devenue culte «le Prisonnier». [...] Ce roman anticipe aussi la forme du roman policier: qui est coupable de la mort de Monsieur de Clèves - et faut-il forcément un coupable? On peut encore le lire comme un grand roman oedipien, le roman d'une mère et d'une fille, dont la psychanalyse s emparera trois siècles plus tard. Si la princesse de Clèves est soumise aux puissants, c'est d'abord à sa mère qu'elle rend des comptes. Cette mère qui s'est occupée de la bien marier, et qui l'engage, sur son lit de mort, à ne point «tomber comme les autres femmes». [...]"
"Je n'ai rien compris à ce roman, écrit par une salope facsiste, qui fait l'apologie du fascisme monarchique. Mais je fais croire que je l'ai compris pour vendre mon futur livre et devenir aussi riche que Carla Bruni, car, comme Carla Bruni, je suis de gauche. Je crois que je suis intelligente."
"La princesse de Clèves ne couche pas, donc, ne couchera jamais, avec son bel amant le duc de Nemours. [...] Ce n est pas par féminisme avant heure. Demeurer à soi signifie simplement : être seule. Ne se devoir qu'à soi-même. Opposer à la cour la stratégie du repli. C'est aussi par égoïsme qu'elle se refuse à un remariage. Un égoïsme prodigieux, transcendantal, surhumain, un égoïsme qui rime avec héroïsme : un refus à la Bartleby le personnage de Melville si aboulique qu'il en meurt. La princesse de Clèves préférerait ne pas. On apprend beaucoup aux filles à dire un peu oui, un peu non. La princesse est héroïquement asociale. Son inaction fait d'elle une rebelle mieux que si elle avait hurlé son refus. Si la princesse de Clèves est une héroïne, c'est une héroïne paradoxale : une héroïne du NON. [...]"
Traduction:
"Je suis conne comme la Princesse de Clèves. Je suis dépressive. J'attire ainsi la sympathie."
Il y eut ces derniers temps en France un débat, disons un agacement, face aux propos tenus par le président de la République sur l'inutilité de lire «la Princesse de Clèves». Ces propos furent repris et commentés, précisément par des gens qui savent lire et écrire, et se servir de leur savoir. La princesse devint une ligne de front, et Clèves, une place forte d'où les enseignants, chercheurs, lecteurs et lettrés en tout genre se mirent à faire le guet. Il y eut une lecture marathon devant la Sorbonne début 2009, puis les badges bleus «Je lis «la Princesse de Clèves»», au Salon du Livre de la même année. Ce avec quoi ces lettrés contemporains ne sont pas d'accord (entre autres), c'est de demander à la culture d'être rentable, et à court terme. «La Princesse de Clèves», combien d entrées?
Traduction:
"La gauche caviar croit être intelligente en défendant ce livre d'une nazie. En cela, elle est gauche."
"Quand je dis que mon prochain roman s'appelle «Clèves», on croit que c'est une position politique. Mais c'est un projet à long terme, commencé avant le règne de tel ou tel président. Madame de Lafayette a, la première, modélisé la psychologie amoureuse: depuis que l'école m'a informée de l'existence de ce livre hyper-contemporain, je l'ai lu et relu, et il reste toujours quelque chose à en dire, quelque chose à en écrire.
Dans ma version, qui sera longue et foisonnante, située dans le huis clos d'un village nommé Clèves et d'une planète nommée la Terre, dans cette version, donc, ma princesse, elle couchera. Je ne vous dis que ça.
Traduction:
"Je fais faire un très beau livre car je suis intelligente. Y Fo COUché. La femme moderne est une salope."
24 août 2009
La vérité sur John Carter
Mince. Urgences, c'est fini.
Tu traces un trait sur quinze ans de ta vie.
Tu tournes, sans nul doute, une page nouvelle.
Tu te souviendras long temps de John Carter. John Car ter. J(ohn) C(arter). JC.
JC, dans la série, est le père de Joshuah Carter. Joshuah Car ter. J(oshuah) C(arter).
JC est donc le père de JC.
Dans le dernier épisode, au Centre JC, JC, dit, en substance, qu'il faut donner un sens aux événements tragiques: la générosité, la vaillance.
Un message simple quant à la forme.
Compliqué dans les faits.
JC est seul.
Son fils est mort.
Mais il continue de vivre en nous.
22 août 2009
Chanson pour la crise
Maigrir
I
Y en a qui maigricent sulla terre
Du vente du coq-six ou des jnous
Y en a qui maigricent le caractère
Y en a qui maigricent pas du tout
Oui mais
Moi jmégris du bout des douas
Oui du bout des douas Oui du bout des douas
Moi jmégris du bout des douas
Seskilya dplus distinglé
II
Lautt jour Boulvar de la Villette
Vlà jrenconte le bœuf à la mode
Jlui dis Tu mas l’air un peu blett
Viens que jte paye une belle culotte
Oui mais
Moi jmégris du bout des douas
Oui du bout des douas Oui du bout des douas
Moi jmégris du bout des douas
Seskilya dplus distinglé
III
Dpuis ctemps je fais pus dgymnastique
Et je maintiens des sports d’hiver
Et comme avec la fureur je mastique
Je pense que si je persévère
Alors bien
Jmégrirai du bout des douas
Oui du bout des douas Oui du bout des douas
Jmégrirai même de partout
Même de lesstrémité du cou
Raymond QUENEAU
[L’Instant fatal - Gallimard]
programme politique
Premièrement:
Supprimer la marseillaise, ce chant nazi et raie publicain
Secondement:
Remplacer cette putain par la Résistance et le Chant des Partisans
Ami, entends-tu le vol noir de Sarko sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...
C'est nous qui brisons les centres de rétention pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Obama; social traître...
Bounty Obama a encore frappé, au détriment de la santé!
"Mais avant de le plaindre, il faut indiquer qu’Obama s’est fait piéger. Le problème réside dans sa stratégie politique elle-même. Bien qu’ayant promis un combat où tous les coups seraient permis contre les assureurs et les laboratoires pharmaceutiques, Obama et son équipe ont formulé un plan qui protège la rentabilité de ces deux industries. Contrairement à sa promesse de campagne, Medicare (le système fédéral qui couvre les retraités) n’aura toujours pas le droit d’utiliser son énorme pouvoir d’achat pour négocier à la baisse le prix des médicaments. Tout aussi décevant, les assureurs continueront de percevoir un quart ou davantage du coût total de la facturation pour leurs coûts administratifs." (Libération)
21 août 2009
Eva Joly, jolie blanche nègre
(Le Monde, 21 août 2009)
L'eurodéputée Eva Joly
(Europe-Ecologie) s'en prend aux intérêts de la banque BNP Paribas dans
les paradis fiscaux. Lors des journées d'été d'Europe-Ecologie,
vendredi 21 août, elle a interpellé la banque française. "La BNP n'a pas été choisie au hasard, a-t-elle expliqué.
Dans notre travail sur l'Afrique, nous avons vu trop souvent la BNP
impliquée dans des montages sur le pétrole qui permettaient aux chefs
d'Etat de dégager des fonds dans leurs propres comptes ouverts dans les
paradis fiscaux", a expliqué l'ancienne juge anti-corruption.
"Nous souhaitons savoir pour la BNP ce qu'elle a gagné dans ses deux
filiales à Chypre, dans les 27 filiales au Luxembourg, dans les 21
filiales au îles Caïman", a-t-elle ajouté. Selon l'eurodéputé Pascal Canfin, BNP Paribas, "qui a reçu 5 milliards d'aides publiques", est la banque française qui a le plus de filiales – 189 – dans les paradis fiscaux. Selon lui, elle devrait "justifier de son activité".
LA LISTE GRISE DE L'OCDE JUGÉE "INUTILISABLE"
BNP Paribas s'est refusée à tout commentaire, renvoyant aux déclarations de son directeur général, Baudouin Prot, lors de la présentation des résultats trimestriels de la banque, le 4 août. M. Prot avait alors affirmé que la banque appliquait des normes "sévères" en matière de "respect des réglementations contre le blanchiment et le terrorisme" dans l'ensemble des pays où le groupe est actif.
Il avait également mentionné les propositions formulées fin mai par la Fédération bancaire française (FBF), parmi lesquelles la transparence des implantations et la "proactivité dans la coopération internationale". Mais la FBF n'avait pas délimité le champ d'application de ces règles, jugeant "pratiquement inutilisable" la "liste grise" des pays non coopératifs en matière fiscale établie par l'OCDE, qui compte 36 pays, dont la Suisse et l'Autriche.
Une loi votée en juin va obliger les banques françaises à publier des informations sur leurs implantations et leurs activités dans les pays non-coopératifs en matière fiscale. Un arrêté ministériel est attendu à la rentrée pour préciser la liste des Etats ou territoires concernés.
Eva Joly a souhaité que "les députés Verts français déposent une proposition de loi qui oblige les multinationales à déclarer les revenus pays par pays". "En attendant, Europe-Ecologie va prendre l'initiative d'interpeller ces multinationales", a déclaré la présidente de la commission développement au Parlement européen, souhaitant la "création d'une commission d'enquête chargée d'établir le rôle des paradis fiscaux en matière de développement".
Il faut également "essayer d'attaquer sur le plan juridique les paradis fiscaux" en jouant sur la "concurrence déloyale pour les Etats qui cherchent à lever les impôts", a expliqué de son côté Pascal Canfin.
